Serial Killers

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 Le maniaco-dépressif

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Kay
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MessageSujet: Le maniaco-dépressif   Dim 3 Fév - 21:40

Le maniaco-dépressif



Il alterne en principe une période d'euphorie (accès maniaque) et une période de dépression (accès dépressif). Il passe d'un extrême à l'autre, sans jamais pouvoir s'équilibrer. Il peut donc passer une folle soirée en discothèque puis rester prostré un temps chez lui. Le premier accès maniaque ou dépressif peut rester unique, mais le sujet rechute souvent au bout d'un laps de temps variable. Certains de ces malades ne présentent qu'un petit nombre d'accès largement espacés dans le temps : le diagnostic de guérison est alors assez bon. Mais d'autres éprouvent de multiples accès qui tendent à se rapprocher et à s'émailler de graves dépressions : les risques de passage à l'acte sont alors nettement plus élevés. Dans les deux cas, on parle de psychose bipolaire ou circulaire parce que cyclique. Mais elle peut également être unipolaire, c'est-à-dire que l'individu ne présente que des accès maniaque (manie) ou que des accès dépressifs (mélancolie).
La manie est un état de surexcitation. Elle est caractérisée par l'exaltation de l'humeur et un déchaînement des pulsions instinctivo affectives. C'est une forme clinique de l'agitation, qui se singularise par une libération libidinale illusoire et improductive. Autrement dit, cette jovialité n'est qu'une façade : c'est un moyen de défense contre la dépression. C'est pourquoi, malgré une apparence unipolaire, la psychose reste bipolaire sur le fond. A première vue, ce gesticulement n'est que quantitatif, comme un excès d'action. Mais c'est en fait une conduite qualitativement pathologique, dont la seule utilité est de décharger la tension du sujet. Tout commence généralement du stade du jeune adulte (18-40 ans). La durée de ce premier accès est en moyenne de six à huit mois. Le début est tantôt brutal, sans signes avant-coureurs, tantôt rapide, mais progressif. Dans ce cas, il peut être marqué par une courte phase dépressive, une période d'exaltation émotionnelle ou un "symptôme signal" (dépenses exagérées, démarches inconsidérées, idées mégalomaniaques …). Mais, la plupart du temps, c'est la disparition du sommeil qui est l'indicateur le plus significatif.
Dès lors, la présentation du sujet est particulière. Son visage est animé, ses traits mobiles et sans repos. Il est enjoué, les yeux brillants et lance des clins d'œil entendus (ludisme). Il rit, il chante, il vocifère avec démesure et précipitation. Il parle sans arrêt (logorrhée) mettant en cause l'interlocuteur. Le contenu verbal est extrêmement instable, et la tenue extravagante ou débraillée. Le contact avec lui est facile, mais familier et surtout discontinu, chaotique.
L'excitation du psychisme est évidente. L'accélération du cours de la pensée (tachypsychie) se manifeste par l'abolition de l'attention et la précipitation des représentations mentales. L'association des idées est tout à fait superficielle, faisant penser au schizophrène. Il n'y a pas de construction logique. Les propos s'enchaînent automatiquement et accidentellement. Les perceptions ne sont pas erronées mais trop rapides. La mémoire est troublée dans sa dynamique mais n'est pas déficiaire. L'imagination est exaltée et produit des chimères qui peuvent faire penser aux délires. Il n'en est rien le plus souvent car il s'agit de "délire verbal", de fabulations ludiques : il ne croit pas réellement à ces idées de grandeur, de revendication ou de toute-puissance. Mais elles peuvent parfois aller jusqu'au mysticisme. Tous ces troubles des opérations mentales ont un point commun : la fuite des idées. Celle-ci reflète surtout l'exaltation totale de sa conscience.
L'humeur et l'activité psychomotrice s'emballent. Il est euphorique, optimiste et se sent admirablement bien. Il est bien heureux, infatigable et peut tout entreprendre (même le pire) car il croit tout réussir. Mais son humeur est instable : il peut passer de la joie aux larmes, de l'euphorie à la colère. De toute manière, il est asthénique, c'est-à-dire en pleine activité physiologique. Il ne peut pas ne pas bouger, ou aller et venir sans cesse. Il lui arrive d'éclater de rire, de chanter fort, de trépigner ou de hurler. Mais son activité est désordonnée et inadaptée. Il n'a pas perdu tout contact avec la réalité, mais il ne peut pas le vivre, car il est trop pressé. Alors, il la joue. L'exaltation sexuelle est constante et souvent importante ou inhabituelle pour le sujet : il tient des propos érotiques, avec parfois des troubles du comportement faisant penser au psychopathe. C'est d'ailleurs une des raisons qui rapprochent le maniaque du criminel narcisso-sexuel mixte. Les conduites orales et alimentaires sont également exagérées. Il connaît la boulimie, le tabagisme, les conduites de voracité et l'ivresse. Il ne dort pas mais ne se sent pas fatigué. Il mange et il boit beaucoup, mais il maigrit. Une hyperthermie légère et une tachycardie modérée sont habituelles. L'entourage pourra témoigner du terrain et de l'existence d'antécédents similaires.
La mélancolie ressemble, au contraire, à une grave dépression. De manière pédagogique, on pensera à une lourde déception sentimentale, de type passionnelle. Le début de l'accès est généralement rapide (quelques jours, rarement quelques semaines). Il est marqué par des troubles du sommeil précoces et une tristesse allant en s'aggravant. Une circonstance déclenchante, ou pour le moins favorisante, est souvent constatée dans les jours ou les semaines précédents (séparation, deuil, maladie personnelle ou d'un proche, échec social ou professionnel, vente ou construction d'une maison, dommage matériel …). Lors du premier accès, le sujet est âgé en moyenne de 30 ans (entre 18 et 40 ans) et présente des antécédents personnels et/ou familiaux. Mais il n'est pas rare que cet accès survienne après 50 ans. Dans la moitié des cas environ, le malade rechute, sous des formes maniaque ou mélancolique qui se succèdent dans un ordre peu prévisible. Lorsqu'il présente un ou plusieurs accès chaque année, sa vie devient notablement perturbée, en l'absence de traitement. Avec l'âge, les accès tendent à devenir plus fréquents et durables.
Cette psychose est caractérisée par une douleur morale intense, une inhibition psychomotrice, des idées délirantes et de mort. La douleur morale intense se manifeste par une souffrance qui, au dire des malades, surpasse toute douleur physique, même la plus atroce. Car elle est vécue comme radicale, irrémédiable, totale et irréversible. Dans une approche freudienne, les pulsions agressives intériorisées s'exercent sous la pression d'un Surmoi trop puissant et cruel, contre le Moi, au lieu de se décharger vers l'extérieur. Jusqu'au jour où le psychisme sautera et où, peut être, une victime en subira les conséquences.
L'inhibition psychomotrice est la forme aggravée de l'asthénie. Les opérations mentales et motrices sont bloquées et ces troubles apparaissent surtout le matin, au réveil. Le sujet se fixe dans le passé et l'avenir n'existe plus pour lui. Toute action intellectuelle lui demande un effort parce qu'elle lui apparaît sans signification. Son état général est altéré et, dans les cas les plus avérés, il reste figé. Il ne parle plus et ne bouge plus. Il connaît des insomnies nocturnes totales, avec parfois confusion diurne (état pathologique, accidentel ou chronique, dans lequel le malade présente au quotidien des troubles perceptifs, mnémoniques et intellectuels).
Les idées délirantes manquent rarement. Elles sont sans fondement réel et peuvent se révéler plus ou moins selon son humeur. Les thèmes de persécution et de préjudice dominent, faisant penser au paranoïaque. Mais ils peuvent s'accompagner d'hallucinations ou d'illusions. Il lui arrive de se culpabiliser jusqu'à la ruine morale, alors que cette auto-accusation délirante est totalement dénuée de fondement objectif. Il ne la critique pas et peut penser qu'il est incurable (hypocondrie). Surtout, des idées de mort l'obsèdent, comme tout déprimé confronté à un moment ou à un autre au suicide. Au fond, celui-ci lui paraît la solution idéale. Il met un terme au conflit qui oppose son Moi et le monde, puisqu'il supprime les deux interlocuteurs. Progressivement, ce qui n'est au départ qu'une représentation mentale devient l'acceptation du délire passif de mourir (anorexie, constipation, attitude d'abandon, imprudences …). Puis ce désir prend un caractère plus actif avec volonté délibérée d'en finir. A moins que l'accès maniaque ne reprenne le dessus en dérivant les pulsions de mort sur autrui. Le crime en série s'expliquerait alors aisément par le caractère cyclique de la maniaco-dépression.

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