Serial Killers

Classement alphabétique, définitions et comportements des tueurs en série
 
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 L'arrestation

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Kay
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MessageSujet: L'arrestation   Dim 3 Fév - 21:52

L'arrestation


1) Approche théorique

Le criminologue transmet ses conclusions aux services de police judiciaire et au juge d'instruction chargé de l'affaire. Les enquêteurs recherchent parmi les suspects ceux qui correspondent le plus au portrait du tueur. Là, deux réflexions s'imposent. La première est que le profil psychologique n'est pas une science exacte. L'expert doit garder à l'esprit qu'un suspect qui colle au profil n'est pas forcément le coupable. Partant de là, les policiers vérifient les alibis des suspects visés. Tous les éléments objectifs permettant d'écarter l'un d'entre eux sont retenus. On en arrive à une liste réduite, intéressante, mais dans laquelle le tueur peut ne pas se trouver.
Néanmoins, dans l'attente d'éléments nouveaux, nous croyons bon à ce stade que le criminologue confronte son opinion avec celle des enquêteurs sur tel ou tel suspect. Si un consensus apparaît dans le groupe de travail, l'enquête progresse probablement dans le bon sens. Si le spécialiste à une grande expérience ou une connaissance approfondie des biographies de criminels narcisso-sexuels, il peut déceler chez certains ce qui ferait d'eux les meilleurs suspects. Il ne s'agit pas de les présumer coupable. Mais il existe toujours des hypothèses de travail plus intéressantes que d'autres, jusqu'à ce que des éléments matériels viennent ou non les confirmer. Il se peut même qu'un seul individu retienne son attention, soit parce qu'il n'y a que deux suspects sur la liste, soit parce que la biographie de l'un d'eux explique en tous points ses crimes. Ces cas doivent rester très rares.
Il faut comprendre que si l'expert donne un tel avis, c'est que son analyse s'impose à lui. Il ne peut reconnaître l'étroite concordance entre le comportement du criminel analysé sur la scène du crime, et la personne replacée dans son vécu parmi les suspects. Dans le cas d'une parfaite concordance ou d'un entretien privé avec le suspect qui confirmerait son intime conviction, nous estimons qu'il est du devoir du criminologue d'alerter les responsables de l'enquête. Personne ne souhaite avoir une nouvelle victime sur la conscience, alors que l'on connaît peut être l'identité du tueur. Il faut certainement tout savoir sur cet individu et entamer si possible une surveillance. Mais il faut surtout laisser la porte ouverte à d'autres suspects possibles. Ce n'est qu'à cette condition que cette situation est viable pour les autorités. Sans cela, de deux choses l'une : soit le criminologue a raison, et c'est la démonstration spectaculaire de son utilité dans l'enquête, soit il a tort, et c'est l'affaire Grégory. Dans tous les cas, le criminologue n'est tenu qu'à une obligation de moyens. Il saura qu'il a utilisé, en son âme et conscience, tous les moyens à sa disposition pour éclairer davantage l'instruction. En revanche, si les enquêteurs négligent cette piste alors qu'elle se révèle être la bonne, leur responsabilité est lourde de conséquences. Ils auront peut être à rendre des comptes aux familles des nouvelles victimes. Mais le criminologue aura aussi sa part de responsabilité, car il n'a pas su convaincre.
Hormis ce cas particulier, comment amener le criminel se révéler au grand jour ? Comment obtenir les aveux d'un des suspects lors d'une audition ou d'une garde à vue ? Il est évident que nous ne dirons pas tout ce qu'il faut savoir ici. Mais c'est une question pratique très importante pour les services de police judiciaire. La plupart du temps, ils ont déjà interrogé le coupable sans le savoir. C'est particulièrement vrai pour les tueurs en série organisés. Ce sont des menteurs pathologiques et de grands manipulateurs. Ils utilisent ceux qui les approchent à des fins précises. On ne compte plus les fois où ses individus ont berné les psychiatres ou mis en échec les enquêteurs lors d'un interrogatoire. Citons seulement le cas d'Edmund Kemper qui avait le corps décapité d'une de ses victimes dans le coffre de sa voiture, pendant que son psychiatre le diagnostiquait sain d'esprit.
La vérité est qu'il faut prendre conscience qu'un tueur en série n'est pas un meurtrier ordinaire. Notre logique n'est pas la sienne, ni celle de la plupart des détenus incarcérés pour homicide. Il sait souvent utiliser cet atout pour paraître ce qu'il n'est pas et ne pas être confondu durant des années. Le criminologue va pouvoir donner des directives importantes sur la manière de mener l'interrogatoire. Il le fera toujours en concertation avec des enquêteurs. Il peut également s'entretenir avec l'individu au moment opportun. Car il est au fond un de ceux qui le connaît le mieux. Il est en tout cas indispensable à notre sens qu'il étudie le criminel mis en examen ou jugé. Car les vrais experts du crime ne sont pas les criminologues, ce sont les criminels eux-mêmes. Plus nous comprenons leur logique, mieux nous pouvons lutter contre ce type de criminel.

1) Face à un criminel narcisso-sexuel organisé
, le criminologue doit provoquer les aveux. Il faut l'amener à se découvrir ou à revenir sur les lieux du crime. Le tueur suit la presse ou la télévision de très près et y réagit souvent. Dans ce cas, il se tient au courant de toutes les avancées de l'enquête et de l'action de la police. Il se rapproche parfois des familles des victimes, ne serait-ce que pour soulager sa conscience en apportant hypocritement son soutien. Il suffit de favoriser ces rencontres et d'écouter ce qu'il a dit, car il laissera souvent échapper des éléments compromettants pour un criminologue averti. Lors des auditions, c'est un individu calme, hyper contrôlé. Sa personnalité est rigide, de type obsessionnel. Il répète l'histoire qu'il a échafaudée de toute pièce pour se disculper. Il s'y tient, imperturbable, surtout si le temps a passé, lui permettant de perfectionner son scénario, d'avoir réponse à tout. Il faut alors l'épuiser et le provoquer, pour qu'il sorte de ses gonds.

2) Face à un criminel narcisso-sexuel inorganisé
, le criminologue doit se montrer le moins inquisiteur possible. Le tueur vit dans un monde plus ou moins délirant, plus ou moins fantasmatique, où autrui peut rapidement être perçu comme une menace étrangère. Cela est d'autant plus facile qu'il se replie instinctivement sur lui-même lorsqu'il se sent frustré ou marginalisé. Ce qui est a priori le cas lorsqu'il est entendu sur des faits graves. De manière générale, l'analyste privilégiera une attitude protectrice. Dès les premiers instants, il tentera de devenir son ami, et de le faire avec la plus grande sincérité. Car, en face, le sujet sera extrêmement méfiant et hypertendu. Il fixera intensément du regard son interlocuteur et pourra le sonder avec une justesse surprenante.
Le criminologue se présentera seul et sans uniforme. Il sourira et gardera ses distances pour respecter l'espace vital du suspect. Il portera une attention toute particulière aux mots employés, qui ne doivent jamais être agressifs ou intrusifs. Il ne faudra pas, par exemple, parler de "son sexe" s'il est impuissant, ou de "son père" si c'est son bourreau. Le résultat pourrait être explosif. L'idée, d'emblée, est qu'on ne lui reprochera rien. On ne cherchera qu'à le comprendre, qu'à éclaircir les circonstances de l'accident dont il aurait été témoin, et non du meurtre dont on l'accuserait. On évitera de parler de ses origines, nécessairement traumatisantes, à moins que lui-même fasse allusion à des êtres chers. C'est une perche à saisir pour une bonne mise en confiance. Alors, si le rôle est bien joué, il commencera à raconter sa vie et il faudra le laisser parler. C'est essentiel. Car derrière les banalités des paroles, il révèle souvent malgré lui des bribes d'informations sur les faits. Dans tous les cas de figures, il faut abonder dans son sens.
S'il est schizophrène, il se montre ambivalent et incertain sur son implication dans le meurtre. On pourra lui dire que chacun d'entre nous ne sait pas toujours pourquoi il commet une mauvaise action, alors qu'il ne l'aurait jamais fait d'ordinaire. L'erreur est humaine, et celle qu'il avouera lui sera donc pardonnée.
S'il est paranoïaque, il se posera en victime agressée par la société ou par un persécuteur désigné. On lancera alors que les personnes tuées l'avaient bien cherché et qu'elles n'ont eu que se qu'elles méritaient. Il peut donc être fier de reconnaître son geste salutaire pour l'humanité.
S'il est schizophrène paranoïde, le délire paranoïaque compense ses contradictions internes et rationalise son crime. On tiendra donc le même discours qu'à un paranoïaque sur le fond.
S'il est maniaco-dépressif, il a pu, pour se revaloriser, tuer en phase maniaque (euphorique) pour sortir de sa phase dépressive. En cas d'accès dépressif lors de l'audition, on l'amènera à revivre la scène dans les moindres détails, photos à l'appui, en insistant sur le plaisir pervers à posséder sa victime après la mort. Il retrouvera peu à peu ses sensations et parlera de ses crimes comme de conquêtes.
Enfin, s'il est psychotique chronique, il a tué sous l'emprise d'un délire ou d'un fantasme criminel qui l'habite. Là encore, on l'invitera à revivre la scène, mais dans l'environnement le plus proche possible de celui des faits (reconstitution, vidéo, endroit clos meublé de pièces à conviction …). Le délire ne tardera pas à l'angoisser et il s'exprimera pour se soulager.

3) C'est face à un criminel narcisso-sexuel mixte que le criminologue est le plus utile
. Il devra jauger puis décortiquer au mieux la personnalité du sujet pour dégager les principales tendances de son caractère mixte, celles qui lui permettront d'adopter la meilleure stratégie. C'est pourquoi l'entretien privé est privilégié et qu'il est difficile d'en donner une ligne générale. Néanmoins, devant un criminel de type violeur - meurtrier, il est d'usage de créer le "facteur trouille". L'idée est qu'il a, à un moment ou un autre, des regrets sur ce qu'il a commis. Ces remords tiennent au fait qu'il est souvent tenaillé entre l'image exemplaire qu'il donne tous les jours à ses proches, et son geste abominable qui n'est pas représentatif de sa personnalité. Il est donc vulnérable à ces moments-là, parce qu'il sait qu'il a fait quelque chose de mal et que l'avouer le soulagerait.
Il arrive un moment où les secrets qu'il contient depuis toujours, ses souffrances d'enfance qui l'ont poussé à l'acte, lui sont insupportables. Plus il prend de l'âge, et plus le masque de normalité laisse la place au repentir. S'il est célibataire ou sans proche famille, il sera relativement aisé de le faire avouer. Mais si les accusations portées contre lui causent préjudice à une personne aimée, en particulier celle qui donne un sens normal à sa vie, il peut se taire à jamais.
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